EGLISE ET HOMOSEXUALITE : I. INTRODUCTION ET CONTEXTE SOCIO-HISTORIQUE.
Par etoile, mercredi 25 avril 2007 à 14:56 :: General :: #26 :: rss
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Mais la révolution démocratique des civilisations occidentales, basée sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen a changé les rapports humains et sociaux : le mot d'ordre "liberté, égalité, fraternité" a initié un mouvement fondamental qui n'en finit pas de se répercuter dans les moeurs contemporaines. L'individu, avec ses droits et son épanouissement, est devenu le centre des préoccupations pour le respect de la liberté de pensée, d'expression et de conscience de chacun. |
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Après les mouvements de libération de la femme dans les années 60, les homosexuels se vivent comme une minorité opprimée et peu à peu revendiquent le droit de vivre leur sexualité comme les autres (qu'ils vont de plus en plus nommer les hétéros), à savoir sans condamnation et sans discrimination. Dans les années 80, les Eglises de France étaient confrontées à une première poussée de revendications autour de l'affaire du pasteur Doucé, et la réflexion des Eglises tournait autour de la question de ce que l'on appelait à cette époque "homophilie". Depuis les années 90, les mouvements homosexuels reviennent à la charge pour une reconnaissance publique de leur existence et de leur revendication à l'égalité des droits sociaux : d'une part le drame du SIDA - qui a commencé par frapper les communautés homosexuelles et à créer des situations humainement intolérables, d'autre part les manifestations spectaculaires et provocantes des Gay Pride annuelles obligent l'opinion publique à prendre au sérieux l'existence et les revendications des homosexuels dans nos sociétés démocratiques occidentales. En France, après un débat de société baclé et passionnel, est votée une loi pour la création d'un pacte civil de solidarité (PACS) qui est un contrat de vie entre deux personnes quel que soit leur sexe. Concrètement et symboliquement le pacs représente une avancée importante pour la reconnaissance du couple homosexuel dans notre pays. Ces évolutions et ces revendications ont inévitablement des répercussions dans les Eglises, non seulement de France, mais de toute l'Europe. En 1994, La Fédération Protestante de France a adopté un texte intitulé « L'homosexualité. Eléments de réflexion » qui est toujours un texte de référence à ce jour. Dans toutes ces approches, la question est posée quant à la place des personnes et des couples homosexuels dans les communautés chrétiennes: sont-elles acceptées et reconnues en tant que personnes homosexuelles jusque dans les implications les plus concrètes de la vie chrétienne ? Ou bien sont-elles tolérées ? Sont-elles rejetées ? Les questions que les personnes homosexuelles posent aux Eglises sont essentiellement de trois niveaux : • 1) L'accueil et l'acceptation sans discrimination des personnes homosexuelles dans les communautés d'Eglise (les paroisses) et dans les lieux de responsabilité et d'engagement, par exemple au conseil presbytéral. • 2) La bénédiction d'une union homosexuelle qui s'engage dans la durée et dans la fidélité. • 3) L'acceptation de candidats homosexuels au ministère pastoral. II. REMARQUES PRELIMINAIRES A) Différence ne signifie pas inégalité Dans le contexte actuel, un certain discours social et idéologique tente de banaliser l'homosexualité et d'en faire un modèle d'union à égalité avec l'hétérosexualité. Dans tous les domaines nous sommes confrontés à une philosophie du relativisme où tout se vaut et où égalité est confondu avec indifférenciation : bien souvent les hommes et les femmes n'osent plus affirmer ni assumer leur différence de peur d'être considérés comme sexistes. Nous risquons d'être tributaires de l'arbitraire en ne sachant plus identifier le sens de l'universel, à savoir que l'humanité est nécessairement constituée d'hommes et de femmes en relation. Beaucoup pensent que la défaillance de l'Etat, porteur symbolique de la Loi, qui laisse se fragiliser le modèle de référence du mariage entre deux personnes de sexes différents et fondant la relation homme-femme, risque d'être destructurante pour la société toute entière. Il est d'autant plus important que les Eglises, porteuses elles aussi de symbolique sociale, se positionnent. B) Double fonction du Droit S'il est vrai que la liberté de faire des enfants ou non, de vivre en concubinage ou non, de vivre même une relation homosexuelle entre dans les possibilités et les revendications actuelles, il faut dire aussi que ces choix personnels n'ont jamais créé du Droit. D'où une question qui nous paraît centrale dans cette réflexion, car elle se pose aussi dans ces termes pour l'Eglise institution: le Droit doit-il être normatif, contraignant, ou doit-il se contenter de suivre les moeurs ? Et les Eglises de même ? Pour situer cette problématique, nous citons Madame E. Guigou, alors Garde des Sceaux, lors de son introduction au colloque du 4 mai 2000 intitulé : Quel droit pour quelles familles ? "Le droit (de la famille) se situe au confluent de deux exigences. D'une part, le droit a une dimension symbolique et normative. Il donne des repères. Il dit ce qui doit être. Il autorise et interdit. A travers lui la société énonce ses choix, pose des valeurs et donne à ses croyances un sens civil, politique et anthropologique. D'autre part, le droit ne peut pas rester à l'écart des grandes évolutions modernes dont rendent compte particulièrement les sciences sociales : une plus grande égalité entre les hommes et les femmes, une évolution vers l'individualisme et l'épanouissement personnel, vers plus de liberté et de responsabilité, dont le corollaire est d'ailleurs une plus grande fragilisation des liens. Parce que la société ne peut pas être indifférente au mouvement d'autonomie et de liberté, d'un côté, et à l'exigence de stabilité et de responsabilité, de l'autre, le droit se doit à la fois de s'adapter et d'instituer des repères." Nous voyons que la question se pose quasiment dans les mêmes termes aux Eglises en tant qu'institutions : accueillir et accompagner les chrétiens d'aujourd'hui et annoncer l'Evangile tout en donnant des repères dans un monde en mutation. C'est pourquoi nous désirons placer nos réflexions sur la question de l'homosexualité dans cette double dynamique : adaptation et souci de repères, ouverture et lucidité. C) Pour y parvenir, il y a trois écueils à éviter • 1) Reculer devant les discours et les pressions des militants inconditionnels qui agitent les termes "Exclusion" et "Discrimination" dès qu'ils sont confrontés à une remise en question de l'idéologie en vogue. Rappelons que distinguer n'est pas discriminer et que poser des repères et des limites n'est pas exclure mais permettre de (et obliger à) se situer. Poser des questions sur l'homosexualité et y réfléchir avec sérieux n'est pas être homophobe ! • 2) Par frilosité ignorer l'évolution des moeurs et essayer de maintenir un statu- quo en recourant aux argumentations théologiques et psychologiques les plus conservatrices sous prétexte de "ne pas scandaliser les plus petits". • 3) La tentation démagogique : l'Eglise a tellement perdu de son prestige et doute tellement de sa place dans la société, le pastorat a de tels problèmes d'identité et d'image publique que la tentation est grande de tout faire pour se faire reconnaître et se faire accepter dans un monde qui se passe de plus en plus de l'Eglise. Comment oser une parole forte et vivre nos convictions dans un monde de l'audimat ? Voilà un dilemme bien protestant, que réactive la question complexe de l'Eglise confrontée à la question homosexuelle. D) Enjeu pour les Institutions ecclésiales Prises en tension entre la nécessaire adaptation à l'évolution de la société et le devoir de vigilance quant aux enjeux fondamentaux, il importe que l'Eglise -en tant qu'institution- ait le courage de tenir ensemble la tension dynamique de la Loi[2] et de l'Amour. La Loi parce qu'elle nous libère de la confusion, l'Amour parce qu'il nous rend possible la communion entre les humains dans le respect de leur altérité. Tous deux sont vitalement, dans leur tension, structurants des personnes et des sociétés. Source: protestants.org |

L'homosexualité a toujours existé, dans toutes les sociétés. A travers l'histoire et les civilisations elle a été diversement traitée, parfois valorisée culturellement, souvent honnie et condamnée. Concernant, d'après des estimations, entre 5 et 8 % de la population humaine, elle n'a jamais été déterminante dans les grands choix de société et les politiques mondiales. Comme toutes les minorités, les homosexuels ont été traités tout au long de l'histoire au gré des idéologies, des peurs et des fantasmes, des intérêts surtout de la majorité dominante. 
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