Par quels actes l’homophobie se traduit-elle le plus souvent ?
Il y a d’une part les formes d’homophobie les plus évidentes et visibles. Cela se traduit par des violences envers les personnes, allant des simples coups jusqu’à des actes entraînant la mort. Ces violences, spectaculaires, ne sont heureusement pas les plus répandues. D’autre part, il existe des discriminations plus sourdes, moins visibles, mais fréquentes celles-là. Elles concernent notamment le lieu de travail, avec un refus d’embaucher ou du harcèlement.
Le nombre de violences est-il en progression ?
On parle davantage d’homophobie dans les médias et les instructions judiciaires. Pour autant, cela ne veut pas dire que les violences sont plus nombreuses. La tendance actuelle, c’est une sensibilisation accrue de la société sur cette question. Les victimes témoignent plus facilement qu’auparavant. L’accueil est meilleur dans les commissariats.
Quels sont les améliorations à apporter en matière de lutte contre l’homophobie?
Du travail reste à effectuer au niveau de l’accompagnement des victimes. Une formation est indispensable pour les personnes, les professionnels amenés à recevoir le témoignage des victimes. Il faut savoir comment les soutenir. Par ailleurs, l’homophobie qui sévit chez les jeunes, dans les lycées par exemple, doit être davantage prise en compte. L’homophobie peut générer des comportements à risque, notamment suicidaires. Les jeunes n’ont pas forcément la carapace ni les outils pour faire face. D’où l’importance de former les enseignants et les assistants sociaux. En Belgique, une brochure d’information à usage des enseignants a été distribuée à l’automne dernier. Nous souhaitons qu’il en soit de même chez nous.
Certains milieux sociaux sont-ils plus touchés que d’autres?
Aucune catégorie sociale n’est épargnée, mais il apparaît que certains lieux sont plus sensibles que d’autres: c’est le cas en banlieue et en milieu rural, où une intolérance plus marquée persiste encore.
Source : lexpress.fr
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